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Je ne suis pas beaucoup revenue sur l'opération d'Arthur ici sans doute par pudeur mais aussi parce que c'était trop frais, trop dur.

C'était il y a un an.

Depuis les choses ont beaucoup changées et Arthur peut désormais profiter de la vie comme tous les autres enfants ou presque.

Le mois d'août 2014 a été très difficile, les heures au bloc, l'angoisse, la douleur terrible et les cris de désespoir de notre enfant, la terreur dans ses yeux, les complications...

Ensuite il y a eu la longue période des plâtres, un petit garçon malgré tout joyeux avec bien sûr des moments difficiles, ne pas pouvoir courir et jouer comme tout le monde.

La scolarisation grâce à une directrice et une instititrice au top, je ne les remercieraient jamais assez d'avoir été là pour lui (si jamais vous passez par là merci pour tout).

Et puis il y a eu la réeducation, les moqueries à l'école, les mots durs, la douleur physique et psychologique. La peur visérale de la moindre douleur et la rencontre avec une psychologue incroyable, heureusement nous avons eu de bonnes âmes sur notre route.

Et malgré tout la vie qui continue, les devoirs, les copains, la vie de famille pas toujours simple, la fatigue de tout le monde... Des pleurs beaucoup et parfois l'incompréhension. 

Voilà ce qu'aura été notre année.

Nous vivons avec les pieds bots depuis 9 ans, même avant la naissance d'Arthur nous le savions. Cela fait partie de notre vie de famille depuis toujours, la kiné, les rdv à l'hôpital, les attelles...

Aujourd'hui nous pouvons dire qu'Arthur va mieux. Il a une démarche presque normale et les séances de kiné devrait s'espacer peu à peu. Il y a toujours les attelles de nuit mais Arthur n'a presque jamais dormi sans, encore une fois elles sont là depuis toujours.

Le chemin parcouru est dingue mais nous ne nous attendions pas à ce que ce soit si difficile. Je ne sais pas si un jour mon fils sera pompier ou policier comme il le souhaite, je ne sais pas si physiquement il en aura les capacités, les pieds bots ne guérissent jamais complètement.

Aujourd'hui 1 an après le début de tout ça je suis émue aux larmes par le courage de mon fils mais aussi par la tristesse d'avoir vu mon enfant traverser tant de douleur. J'espère qu'il grandira en puisant dans ce qu'il a déjà  vécu à 8 ans.

Nous ne sommes pas ressortis indemnes de tout ça, les larmes ne sont jamais très loin en évocant ses souvenirs mais notre vie c'est ça, accompagner et encourager notre fils chaque jour, le féliciter de faire du paddle, de la randonnée ou même de se mettre sur la pointe des pieds.

Arthur, mon fils, mon héros